Travail in situ pour La biennal9 Louvain La Neuve " Oh les beaux jours!" 

 
Excroissance

Les comptines mimées avec les mains sont parmi les premiers contacts sonores construits. Souvent, elles se veulent éducatives mais aussi grotesques, aberrantes ou absurdes (comme tirer sur le lièvre, Mimi la Mygale). Ils sont basés sur le mime des mains, gestes silencieux qui animent un langage pour raconter, amuser mais aussi échanger avec l’autre.
La construction de cet échange évolue avec l’utilisation des devises portables ; notre jeu de doigts est devenu autre. Le pouce très habile joue sur une surface et mime le contact sonore de nos mots. Le contact d’une surface/texture avec les doigts, sentir l’autre, mimer la mygale dans les cheveux de l’autre. L’intimité au bout des doigts, la main créatrice qui touche une surface plane et lisse sous laquelle nous découvrons une autre intimité. Cette installation pour Louvain-la-Neuve n’est pas l’ancien joué contre le moderne, c’est l’occasion de redécouvrir le besoin de toucher et de sentir, le besoin d’entendre les voix des sons terrestres derrière la surface infertile.
Ecouter ces comptines, c’est se replonger un peu dans la mythologie de la langue telle qu’elle. Un fluide de sons construits sur un rythme et avec une volonté de faire communiquer avec l’autre. Peu importe le sens.
L’installation sonore consiste en une ”excroissance”, inspirée des déchets amassés sur les marches d’un escalier. La forme de l’installation est fabriquée à partir de papier recyclé. Les visiteurs peuvent y connecter leurs casques et écouter les comptines.

Des dessins de mains accompagnent le son, elles miment les comptines dans des postures figées. Elles sont là où on ne peut pas vraiment accéder, sur les dômes en plein air créant des jeux d’ombres.

« Oui, ce sont des beaux jours, les jours où il y a des bruits »
« Je pensais autrefois que j’apprendrais à parler toute seule
(un temps) Je veux dire à moi-même le désert »
Samuel Beckett, Oh les beaux jours

Extrait excroissance -
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© Helena Schmidt