Chroniques en mouvement : Trois expositions (...) Celle que j’ai visitée 

(à Gigondas, Vaucluse) 

Sur les hauteurs d’une des dentelles de Mont- mirail, collines qui prolongent le Mont Ventoux en des soubresauts rocailleux, festonnés comme une écharpe chahutée par le vent, se trouve un centre culturel, niché au creux d’une caverne, où des ar- tistes viennent en résidence et exposent leur tra- vail, à l’invitation d’une municipalité finaude. Ainsi Gigondas ne se veut pas seulement un paradis de vins capiteux, rivalisant avec les Chateauneuf-du- Pape voisins en sucs, tanins, parfums et (hélas) haute teneur alcoolique, il s’affiche avec fierté comme une principauté des arts les plus contem- porains. 

La preuve, cette exposition de Héléna Schmitt et Alice Olausson, au finissage de laquelle j’ai eu l’honneur d’être invité. 

Les finissages sont souvent beaucoup moins sages que les vernissages. La proche expiration d’un rassemblement d’œuvres, heureusement mises en lumière, suscite des réactions surpre- nantes, des artistes comme du public. Et ce fut bien le cas. 

Héléna Schmitt travaille depuis toujours sur les interactions de matières sonores avec les habitus de la Peinture et de la Sculpture. Cela donne des dispositifs qui produisent des objets évolutifs, hé- sitant entre inscription graphique et déploiement volumineux. A Gigondas, elle avait placé au centre de l’espace, sur le sol de la galerie, une machine à fabriquer des vagues de taches, de traces, en connectant un haut-parleur, diffusant des récits émis par diverses voix, avec un « pinceau » ali- menté par une pompe à encres. Les inflexions des voix, leur silence ou leur foisonnement, ordon- naient au pseudo pinceau (stylet, plume, pointe) d’émettre telle ou telle quantité d’encre dans telle ou telle direction. Un rouleau de papier sans cesse 

en mouvement, tel un tapis roulant, accueillait les formes non pas aléatoires mais déterminées par les tremblements des récits, leurs méandres narra- tifs, leurs arcanes rythmiques. Devant ces flaques de figures chiffrées, on se mettait à rêver à ce qu’on aurait pu obtenir de ce sismographe de fic- tions en lui injectant un jour des chants de l’Iliade, un autre jour des chapitres entiers de l’Odyssée. L’électrocardiogramme des mythes est prêt : qui aura l’audace de l’enrôler dans l’exploration des grands textes ? Et même des textes sacrés. La Bible trouverait là son Michel-Ange 2.0. Et que dire du Coran ou des Upanishads ? 

Dans une seconde salle, se terminant par une excavation dans le rocher, Helena Schmitt pous- sait plus loin encore la soumission de l’inscription visuelle aux virtuelles injonctions d’un programme informatique, comme il en existe tant dans les cou- lisses d’internet, achetables ou piratables. L’im- portant est l’usage que l’on en fait. Ici, c’est sur les parois rugueuses, boursouflées, d’une ancienne cave à vins creusée dans la montagne même des Dentelles, qu’un Dessin surgissait, abstrait, prolifé- rant, tout en angles, en bifurcations imprévisibles. Comme si quelque génial ardéchois, échappé de la Grotte Chauvet, s’était faufilé jusqu’ici pour dé- couvrir non l’art abstrait mais inventer l’art concret, doublement rupestre, imprimant directement sur la pierre non ses mains ou ses chevaux mais les cir- convolutions de son cerveau ! 

Et pourtant, pas mort le dessin, le vrai, le figuratif, pas mort le portrait vif, ressemblant, fruit de coups de main adroits, de traits précis, calculés par l’œil. Pour le démontrer, Helena en a tracé plusieurs di- zaines, au fusain sur une feuille de papier blanc déroulée sur plus de dix mètres. Des hommes, des femmes, des enfants, tous suédois (puisque Sch- mitt est suédoise), héros de faits divers rapportés par divers sites sur Internet. Ils forment une sorte de fresque, juxtaposant des lieux divers, un café, 

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Alice relance la machine d’Héléna, sous les yeux de Lorenzo et de Geneviève, et du L’homme abandonné enfant dans un port (fait divers suédois) © Photo : JP Fargier 

une salle de bal, une rue, le quai d’un port. Quand on arrive, le dernier jour de l’expo, devant cette immense parade, il manque des visages : certains ont été découpés par des visiteurs, qui avaient la possibilité de les acquérir pour un prix dérisoire. Marché de l’art détourné, par une valeur fixée par centimètres carrés. J’ai pu emporter mon morceau de fresque. Et d’autres visiteurs de la dernière heure également, qui comptaient pas mal d’amis de l’artiste. 

Puis avant que le Gigondas coule à flots, Helena nous a invités à décrocher la fresque trouée et à glisser nos têtes dans les manques. Après cette photo ludique, l’artiste a froissé le grand papier, voué à la déchèterie, exécutant ainsi un dernier geste de désacralisation de l’art marchand. Et 

nous avons levé nos verres à ce qui perdure dans nos âmes au contact de la Beauté. 

Alice Olausson a été l’élève d’Helena Schmitt, il faut le dire, car cela grandit l’une et l’autre. Elle est aujourd’hui en dernière année aux Beaux Arts de Montpellier, après avoir débuté cinq ans plus tôt sur les chemins de l’art à l’École du Mont-Cotton, à Bagnols-sur-Cèze, une école qui accueille une quinzaine d’étudiants suédois chaque année. Là, Helena (et divers intervenants, dont Alain Bourges ou Geneviève Morgan) les prépare, par des cours très libres, très ouverts, à entrer dans des institu- tions plus académiques de formation artistique en France, en Allemagne, en Suède bien sûr. 

À Gigondas, invitée par son ancienne prof deve- nue une amie, Alice Olausson proposait essentiel- 

 

 

lement des photos. Mais aussi une draperie colorée couvertes d’inscriptions, de phrases, de devises. Les photos ciblaient des sujets duels : deux chiens, deux oreillers sur un lit, deux lampes... Ces scènes, comme autant de notes personnelles, qui font un peu penser aux clichés intimes d’Hervé Guibert, relevaient presque toutes de ce qu’on ap- pelle une « inquiétante familiarité ». La clé de cette magie ? Peut-être ce grand paysage lacustre pro- jeté sur un écran flottant, au milieu duquel résiste une couverture argentée de survie, dont les plis froissés superposent de l’inquiétude au-dessus du calme des eaux et des montagnes. Il ne faut pas se fier aux apparences. Tout paysage peut révé- ler un double fond. Une seule certitude : ce drapé pittoresque fait écho au drapé de phrases qui se déploie dans l’autre salle. Et vice versa. Encore un 

duo. Comme si les propositions d’Alice mettaient en abyme la singulière dualité de cette troublante exposition. 

Jean Paul Fargier in TurbulenceVideo #109  https://www.dropbox.com/s/me1bybo0i0r6n5i/TV%23109.pdf?dl=0

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Le paradoxe-oxymore des « sculptures sonores » de Helena Schmidt  associe et évoque la pesanteur des pierres, des matériaux et des installations des sculpteurs et, en même temps, la légèreté sonore de la « plume », de la « feuille », d’une « brindille » ou le « tintement », le « chuchotement » de mots mystérieux qui vont avec le vent, se propagent, s’insinuent, se réalisent  et se dématérialisent dans notre imaginaire comme les messages ancestraux, profonds, qui nous viennent de la nuit des temps. Qui sont à la racine de notre culture. Ces sons, ces murmures, ces présences prennent un statut de mythes, d’insondables échos à l’origine de la pensée. Helena Schmidt évoque les chants dangereux des Sirènes, le désespoir éternel d’Echos et Narcisse, la tragédie de Midas, pour revenir vers la civilisation contemporaine et ses impasses, ses contradictions, ses souffrances. En suivant les bruissements et les fantomatiques présences-absences des sculpture éphémères mais efficaces et remplies de sens de Helena Schmidt, nous découvrons comment la mythologie et les chants de l’humanité revivent dans l’œuvre d’une « sensible » artiste contemporaine.

Maria Volant

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Ils sortent là de nulle part; des signes, des mots, des images, Alice Olausson les effleure et arrête un choix pour un petit laps de temps. L’enjeu dans son travail c’est de se laisser la liberté de changer et de rejouer ce qui était prévu, de faire les derniers réglages sur place ; parfois pendant la durée même de l’exposition. Avec l’espace comme support, elle remplace les mots, les lettres, par un geste, par un objet ; par des éléments perceptibles. L’idée d’une circulation entre mot et image, entre image et objet, entre l’objet et son environnement est primordiale. C’est ainsi, dans l’espace « Entre », à l’intérieur de l’entre-deux, que Alice Olausson trouve son espace de création. 

    Peut-être que Alice et Helena se sont retrouvées entre deux langues, là où s’est assez diffus mais où l’on est libre de se raconter des histoires. Entre la Suède, leur pays natal et la France, leur pays de choix, elles tournent et retournent les phrases comme des objets qui apparaissent et qui disparaissent dans le détournement du geste. 

    La photo est une solution ainsi que le texte pour Alice Olausson au problème du flux, ce qui rend compte le besoin de repérer un point de vue et l’envie de capturer, de saisir, ce qui échappe ou qui est en fuite. 

    Pour Helena Schmidt derrière les mots et les phrases il y a la figure, la figure humaine. Il y a des rencontres et des échanges, même si le malentendu et l’erroné le remporte toujours. Ici à Gigondas: les dessins des personnes de Färila (un petit village en Suède), dont Fax-Mårten, abandonné par ses parents partis en Amérique, devenu vagabond-conteur. Inspiré par les formes de roches, le programme de dessin aléatoire créé par Gustav a permis à Helena de chercher d’autres visages et d’autres silhouettes, des portraits de gens qui ont ou qui n’ont jamais existé.

    Les recherches plastiques d’Alice Olausson se jouent dans l’intervalle entre apparition et disparition, entre figer ou lâcher, le visible et l’invisible ; de l’intime au partagé. Prise entre les langues, la pensée n’est pas réduite - elle prend au contraire une nouvelle ampleur grâce à cette confrontation. 

    La machine, que vous voyez au sol, déroulant du papier et produisant des taches est une sculpture sonore d’Helena Schmidt. Elle est dénommée ”Léthé”, le fleuve de l’oubli dans la mythologie grecque et romaine. Alètheia (par opposition à Léthé) a longtemps été utilisé pour exprimer le concept de la Vérité, ”hors de Léthé”, hors de l’oubli.

C’est ainsi que les mots circulent, entre deux, entre Alice et Helena.

GIGONDAS juillet 2020 Alice Olausson et Helena Schmidt

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Le monde parabolique d'Helena Schmidt

 

A Bilbao, les enfants du jardin public jouent à se parler de très loin en chuchotant dans des paraboles en plastique et le titane du Guggenheim résonne quand des voitures passent sur le pont qui l'enjambe. Il arrive ainsi que les formes se mettent à propager des sons et que le son rende tangible l'espace.

Le monde d'Helena Schmidt est ainsi fait qu'il ne s'expose et ne peut se dire, qu'au travers de parables. Frmes géométriques d'où surgissent, quand la parabole se fait antenne, des sons. Bruits aussi que les images font, quand la parabole devient figure de style, et que le message qu'elles délivrent ne peut s'entendre directement. Comme si l'espace était voué à l'invisibilité sans le son qui le parcourt, comme si le son restait muet sans un espace pour le répercuter. Or le monde contemporain nous rend deux fois infirmes: aveugles aux images qui nous assaillent et dont nous n'entendons plus les messages, sourds aux sons qui nous assiègent et dont nus ne saisissons plus la profondeur. Les sculptures sonores d'Helena Schmidt rassemblent ce que nous avons disjoint, nous délivrent de l'indifférence à laquelle Narcisse et Echo furent l'un pour l'autre et pour toujours tenus.

Elles exposent moins des formes qu'elle ne nus exposent à tendre l'oreille pour voir. L'espace ne peut se dire qu'à travers le temps, celui qu'il faut au son pour le parcourir: c'est de cette toute première parabole, qui est aussi le sens propre de la perception, que les œuvres d'Helena Schmidt nous parlent.

 

Alexandra Makowiak

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Ils'agit de l'histoire du Roi Midas racontée et enregistrée. Avec des lumières qui s'allument, traduisant le niveau sonore.

”Ce qui m'intèresse?” s'interroge l'artiste, d'origine suèdoise, ”La communication, les malentendus”...

...Et, apparemment, la mythologie grecque. En effet, sa première œuvre sonore s'intitule ”Echo et Narcisse”.

Elle a commendé avec des dialogues, l'homme et la femme qui se répondaient comme deux miroirs, deux plaques réfl´chissant les haut-pqrleurs situés derrière.

Elle avait aussi concocté un dispositif qui devait piéger des sons fantômes, des sons errant qui travers les murs, les corps, et qu'on peut rendre ”visibles” en se fixant sur certaines ondes. C'est passionnant... mais ca ne marche pas toujours. Du moins pas de facon évidente.

”Je fais du bricolage”, dit Helena Schmidt.

Elle a étudié le son à l'école des beaux-arts de Nantes et elle lâche :

”J'avais un parcours de piano”.

 

Texte de présentation 1er vue, 2ème édition, 2003

Michel Nuridsany 

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Première vue est un tremplin, une preière marche, une facon de mettre en lumière un artiste et son œuvre à ses débuts. Cela correspond à un besoin et à un intérêt chez ces jeunes rencontrés dans les écoles des beaux-arts, dans des ateliers, en France ou ailleurs.

Nous avons invité cette année 26 artistes sans marquer une préférence pour quelque pratique que ce soit: La volonté est de rester à l'écoute de l'art en train de se faire et de s'inventer.

La vidéo côtoie l'aquarelle, la performance vit en bonne entente avec le dessin. Les objets se mèlent aux photographies.

Nous nous voulons divers et ouverts.

Voici donc des vidéos avec Haris Epaminonda, Isabelle Ferreire, Judit Kurtàg, des ”projections de peinture” de Simon Jaffret, un ”dessin filmé” signé Mathieu Rouget. La performance est representée par l'iranienne Anahita Bathaie, l'installation par la coréenne Argentinienne, le taiwanais Chen-yu Wang, Maguelonne Pessaque, Shay Zilberman et Thu Van tran. Ily a des objets ou des sculptures d'Isabelle Ferreira, de laurent Mareschal, de Mélodie Mousset, de Nicolas Tourre et d'Akari Endo. Forte présence cette année de la photo avec Daniel G. Cramer, Philippe Laleu sous forme de trptyque, Sachiko Morita (sur gravure), Tami Notsani, Régis Perray, Julia Staniszewska en grand format. Une seule peinture, en revanche, signée Nicolas Tourre. Vincent Bullat, Wen-chi Lin présentent des dessins de même qu'Isabelle Cornaro qui dessine avec des cheveux. L'aquarelle fait son apparition en grand formatavec Gabriele Chiari de même que le son avec Helena Schmidt.

Allemagne, Angleterre, Autriche, Corée, France, Iran, Israël, Japon, Pologne, Suède, Taïwan: onze pays sont représentés ici pour une exposition qui souhaite être aussi une occasion de rencontres internationales.

Première vue: le nouveau rendez-vous de la jeune création, chaque année en septembre.

 

Michel Nuridsany.

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”Les sculptures sonores” d'Helena Schmidt

constitueent un réseau d'échos croisés entre hier et aujourd'hui. Ces œuvres composées de médiums actuels tels le son, le plexiglas et les circuits électroniques, questionnent les malentendus générés par les moyens de communication technologiques. Le propos de la plasticienne est fondé sur une interprétation mythologique réactualisée et métissée entre sa culture scandinave d'origine et sa culture gréco-romaine d'adoption. La confluence du passé, des techniques et pensées contemporaines, confèrent à ses ”sculptures sonores” une dimension d'intemporalité, déjà contenue dans l'essence des mythes.

Véronique Vauvrecy

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MST (MESSAGE SANS TEXTE)

Le secret est derrière la fenêtre.

En août 1913, Blaise Cendrars composait ce poème destiné à une affiche publicitaire pour les montres Zénith du Locle :

Record !

Midi bat

Sur son enclume solaire

Les rayons de la lumière

Zénith

Les Surréalistes s’enthousiasmèrent pour cette nouvelle composante du paysage urbain de la modernité : la publicité. Couleurs. Lumières. Mouvements. Lettres clignotantes. Enseignes des Nouvelles Galeries. Les villes changent d’aspect, de rythme, de forme. Les TAM (Textes Avec Messages) parcourent les axes de la cité marchande. TAM TAM pour dire « Achète-moi ! », « Aime- moi ! », « Attache-toi à moi ! ». TAM TAM des mots d’ordre commerçants. La ville veut concurrencer le ciel étoilé :

Le ciel est tout mouvementé de clignements d’yeux imperceptibles

Prunelles, feux multicolores, que coupent, que divisent, que raniment les hélices mélodieuses.

Un projecteur éclaire soudain l’affiche du bébé cadum

Puis saute au ciel et y fait un trou laiteux comme un biberon. (Blaise Cendrars, 1917)

Les TAM ne se contentèrent pas d’occuper les rues, la voie lactée et les façades d’immeubles. Ils prirent position à l’intérieur même de certains bâtiments. Les usines, les hôpitaux, n’abritent plus seulement des machines-outils exécutant scrupuleusement les mouvements ordonnés par l’ouvrier ou l’infirmier. Ils hébergent des machines qui ont leurs mots à dire, qui donnent des indications chiffrées, lumineuses, clignotantes, et parfois même profèrent des ordres. TAM TAM du langage des machines contre-maîtres. Les machines ont des opinions, les hommes ont des opinions : naissance de la doxacratie !

Helena Schmidt a perçu l’accident, la défection partielle de ces machines totalitaires. Les signaux lumineux de sa machine ne révèlent plus aucune signification. La part manquante du message dessine un graphisme insolite, insolent, insignifiant. Les diodes rouges clignotantes forment une nouvelle Pierre de Rosette de l’ère informatique. MST (Message Sans Texte). Le véritable message, c’est l’hypnose. Et soudain, les machines d’écriture deviennent génératrices de malentendus. Poésie visuelle du mal-entendu. Poésie sonore du mal-vu. MST ou le revers du TAM. poème sans métaphores. Dépouillé d’images.

L’objet inventé par Helena Schmidt est suspendu. Il a la forme d’une fenêtre ouverte. Les deux battants réverbèrent le paysage (diodes rouges clignotantes sur fond noir) et le corps du visiteur. Corps à corps. Il y a quelque chose d’imperceptiblement physique dans cette rencontre que l’oreille confirmera. De cette fenêtre, on ne se penche pas pour mieux voir de l’autre côté du miroir. On tend l’oreille pour percevoir le souffle de la machine en phase avec le rythme du clignotement des diodes. Approche médicale ? Presque !Le visiteur ausculte la poitrine de la machine MST. Approche amoureuse ? Aussi ! Deux respirations se conjuguent, s’harmonisent.  C’est alors que le visiteur découvre la seconde sculpture. Celle-ci, immatérielle. Celle-ci, modelée par les vibrations de l’air. Le son prend forme. La sculpture invisible prend l’air. Elle s’évente.

MST, une double sculpture. Une bi-sculpture élektraordinaire. Une forme en plexiglass inventée. Une forme sonore éventée. Helena Schmidt évente comme elle respire le secret derrière la fenêtre.

Marc Mercier

© Helena Schmidt