© Helena Schmidt

Sirènes

Terre blanche cuite, diodes, ventilateurs, appauts

85 x 45 cm

 

Les Sirènes

            «Les sirènes habitaient une île de la mer. Elles avaient des voix mélodieuses et leur chant, en attirant et abusant les marins, les menait à leur perte. On ne savait rien de leur apparence car pas un de ceux qui les avaient aperçues n’était jamais revenu.» 

           Ce sont trois urnes de terre blanche. A l’intérieur de chacune, deux diodes, une verte et une rouge,un ventilateur relié à un appeau (chaque urne émet un son différent) ; Le son perçu est un son mi-mécanique,mi-animal.

            Nous vivons dans le bruit constant des machines. Leur «respiration» emplit l’espace quotidien de tons monotones. Ces machines chantent, comme autrefois les Sirènes pour  nous attirer. Elles aussi contiennent tout le savoir du monde: 

            «Toutes choses qui existeront un jour sur la terre, déjà nous les connaissons.»

            La pièce est sombre, les Sirènes, telles des balises constituent des repères dans l’espace. Elles ronflent, inoffensives.

            Mes Sirènes n’ont gardé de la machine que sa «respiration» (la ventilation) et ses lumières, elles ne lui empruntent ni ses formes ni les matériaux. C’est la « force vitale» de la machine que je cherche à évoquer. Non par opposition au machinisme, mais au contraire pour en exprimer l’énergie.

            Les machines sont aujourd’hui démythifiées. Pourtant, beaucoup y injectent leurs croyances et font croire à leur puissance magique. Une des Sirènes ne s’appelait-elle pas Progrès? Ma réponse est une simple forme de terre, des voyants lumineux, une ventilation et un appeau.